Voici le premier chapitre de mon roman:
L' empire dragon
Les premiers rayons du soleil innondaient la plaine d’' une pâle lueur, les gouttes de rosée scintillaient sur les hautes herbes battues par les vents et le ciel revêtait des couleurs qui se succédaient les unes aux autres de manière harmonieuse, les teintes de mauve faisant petit à petit place à l' orangé puis au rose. Ce spectacle presque irréel était accompagné du chant joyeux des oiseaux qui faisaient leur accueil au soleil, donnant l’impression de chercher à prouver à qui montrerait le mieux son bonheur de le retrouver une fois de plus. Ses yeux d’' enfant brillants et émerveillés, la poitrine gonflée par les sentiments que lui procurait un paysage aussi magnifique, Isselyne faisait face à l' immense plaine qui s’’ étendait au loin devant elle. Ses parents se tenaient derrière elle, son père une main posée sur son épaule, le regard perdu dans l' horizon tandis que son épouse le tenait amoureusement par la taille. Leur fille émit un petit soupir de satisfaction enfantin et ils échangèrent un sourire complice. La petite tête verte sombre qui émergeât par le col du manteau d' ’Isselyne émit un sifflement aigu et elle lui caressât machinalement le sommet du crâne, provoquant ainsi une réaction enjouée. Le ciel allait bientôt être d un bleu éclatant et Gaëldran toussât légèrement, il patientât encore quelques instants avant d' ouvrir la bouche.
- Il est temps de nous remettre en route, Phaëldorth est encore à quelques jours de vol d’' ici. Neïsha, commence à ranger nos affaires et toi Isselyne éteint le feu. Je me charge de tirer nos deux amis de leur rêverie.
Il se dirigeât, sa robe d’ un rouge sombre flottant dans le vent, vers les deux immenses créatures qui somnolaient, leurs corps longs et fins enlacés l’ un à l’ autre. Il posât ensuite avec douceur et respect sa main sur le crâne du mâle en s’' exprimant dabord faiblement dans une langue sifflante, sa voix s' ’intensifiant petit à petit. La créature ouvrit lentement les yeux, ses pupilles fendues fixèrent froidement le mage qui lui souriait en guise de bonjour et ses paupières se refermèrent presque totalement avec la même froide lenteur, son corps ondulat légèrement pour raffermir son étreinte sur sa compagne qui s' ’éveillât à son tour, parcourant instinctivement les environs de son regard. Leur corps serrés dans une étreinte amoureuse, leurs longues langues pointues s’' enroulèrent en glissant l' une à l'autre, ils se dressèrent sur leurs pattes arrières puis leurs ailes immenses se déployèrent et dans un élan commun ils prirent leur envol. Arrivés à une certaine hauteur ils se séparèrent, planant ainsi à leur guise dans les vents frais de la plaine, ’Isselyne suivait la scene avec attention tout comme son petit compagnon qui avait élu domicile dans son manteau. Gaëldran et Neïsha avaient profité de ce moment d’' intimité pour s' ’embrasser amoureusement, et ils s'’ attelèrent à finir de ranger les quelques affaires dont ils avaient eu besoin pour passer la nuit. Les couvertures pliées, les fourrures rangées, le reste de leur repas remis dans un sac en cuir et la marmite nettoyée, Neïsha émit un sifflement puissant à l' ’aide d’' un sifflet noir et biscornu. Les deux dragons plongèrent aussitôt en direction du campement. Isselyne avait les joues rougies par l' ’effort que lui avait demandé de recouvrir le feu de terre, tâche éprouvante pour une petite fille qui venait de fêter son quatrième cycle. Les puissants battements d’' ailes s' ’étaient tus dans son dos quelques instants plus tôt, lui indiquant qu' ’il était temps de partir. Neïsha qui était déjà installée sur sa selle de cuir la fixait d' ’un regard amusé, le mage l' ’aidat à la rejoindre sur la selle la portant du bout des bras puis il sortit une carte jaunie de la besace de cuir marron qu' ’il avait passée en bandoulière afin de vérifier leur itinéraire de la journée. Il s' ’éloignait pour rejoindre son dragon, sa femme attachait les deux fines chaînes de metal du plastron de cuir d’’ Isselyne, qui était assise juste devant elle, aux anneaux de leur selle de cuir. Gaëldran était prêt et les deux créatures s' ’envolèrent gracieusement dans le ciel.
Après deux jours de vol ininterrompu ils se posèrent à la lisière de la forêt de Faëlendir où ils établirent un campement sommaire afin de prendre un repas chaud tandis que les dragons
s' enlaçaient déjà l' un à l' autre afin de rejoindre leur monde onirique. Neïsha qui racontait à Isselyne son conte favori au coin du feu se tût, blêmit légèrement, et son regard plongeât dans le vide. Gaëldran qui montait la garde à quelques mètres, les sens exacerbés par un sort destiné à augmenter sa vigilance qu'’ il avait lancé, savait que sa femme utilisait le lien afin de lire dans l’’ esprit de celui qui semblait s’ approcher à grand pas. Les immenses dragons avaient eux aussi senti une présence et ils s’ étaient dressés sur leurs pattes, humant l’' air, leurs longs corps tendus. Deux boules de feu se mirent à grossir dans le creux de ses mains. Il commençait à prononcer une troisième série de mots dans une langue qu' ’Isselyne ne comprenait pas et dont le ton aussi grave que puissant l' ’impressionnât à nouveau, une lumière blanche se répandait depuis le baton de Gaëldran, révélant pas par pas ce que les ténèbres alentour dissimulaient, c' ’est alors que la voix tranquille de Neïsha se fît entendre:
- C’' est un errant, il m' ’a prévenue de son arrivée.
Gaëldran prononçat à nouveau une série de paroles, les boules de feu semblèrent perdre de leur puissance puis elle disparurent totalement en crépitant dans les mains du mage, la lumière bleue les nimbant toujours de sa lumière rassurante. Sa méfiance fit sourire sa femme imperceptiblement. Une silouhette noire apparut bientot dans la lumière du feu et une voix rauque se fit entendre.
- Bonsoir, me permettrez vous de profiter de la chaleur de votre feu?
- Bien entendu l’’ ami, prenez place parmis nous.
Isselyne avait servît un gobelet de la boisson fumante qui chauffait au feu, elle le tendit poliment à l' ’homme de petite stature et à la tenue salie qui dégageait une légère odeur âcre.
-Bonsoir, vous voulez un peu de saïti ? Il est chaud.
Sa voix fluette et mal assurée fit sourire l' ’homme qui prit le gobelet révélant des mains aux ongles longs et crasseux.
-C' ’est pas de refus, merci fillette.
Sa voix était rauque, témoignant de la rareté de son utilisation.
Isselyne se rassit précipitamment, apparemment timide face à cet homme surgit des ténèbres dont le regard était encore plus noir que celui de son père, cependant c' ’était plus la dureté qu’' il exprimait, renforcée par sa barbe noir taillée courte tout comme ses cheveux, qui semblait la déranger. Son dragonneau dont la tête dépassait de son col comme à l’ ’accoutumée ne semblait pas partager son sentiment et fixait l’’ homme d’' un regard curieux et amusé. Neisha avait mit à rôtir un roön, la sauce chauffait avec des pommes de terre et des haricots longs et fins sortis des sacs de cuir de leurs bagages.
-Mon nom est Gaëldran, mage de guerre de l'’ Empire, voici ma femme Neïsha et Isselyne notre fille qui vient de fêter son quatrième cycle, Derzelthorn mon dragon et Merthedia sa femelle qui est unie à ma femme et enfin la dragoneau de ma fille. Nous nous dirigeons à Phaëldorth pour l’' entrée d' ’Isselyne à l’’ académie.
L’' errant fût visiblement touché par l’' amour qui émanait de la voix de Gaëldran lorsqu' ’il lui avait évoqué les siens.
-Je m’' appel Elrith, errant de l’' empire. .
Il se tut quelques instants visiblement préoccupé par sa mission. Puis il reprit à nouveau la parole:
-Je suis désolé pour mon intrusion de tout à l’' heure, son regard se posant sur Neïsha, mais l’' idée d’avoir un peu de compagnie et de profiter d' ’un bon feu était vraiment trop séduisante.
-Et aussi l’ idée de profiter d’ un bon repas je pense lui répondit Neïsha avec son don naturel pour piquer les gens au vif.
Un rire général éclatât. Seule Isselyne ne parût pas goûter à la plaisanterie, le nouvel arrivant le remarquât:
-Les errants sont les espions et les assassins de l' ’empire, la plupart d’' entre nous savent cacher ce qu’' ils pensent ou ressentent, nous sommes maîtres dans l' ’art de la dissimulation et
du lien, le pouvoir de communiquer par l’' esprit. En fait je rode plus que je n assassine et je mange souvent des baies et la chair que je chasse crue tu sais.
-Ah oui je ne savais pas, je comprends mieux maintenant pourquoi vous avez rigolé.
Il discutèrent tout en mangeant puis Isselyne s' ’endormit, sa petite dragonne blottît dans ses bras. Neïsha prît congé de son invité après lui avoir indiqué le sac de cuir dans lequel il trouverait de la nourriture et du saïti. Elle lui offrît aussi de se servir dans les réserves d' ’herbe à fumer si il le désirait, puis elle allât embrasser son homme avant de s’' installer dans ses fourrures tandis qu’ Elrith sortait de sa tunique une pipe magnifiquement sculptée. Elle ne tardât pas à s' ’endormir, rejoignant sa fille dans le monde des rêves dont les dragons, allongés à quelques mètres de là, veillaient en maîtres. Une fois sa pipe terminée et l’' esprit rendu rêveur par cette dernière, Elrith prît la bouilloire de saïti qu’' il avait mit à chauffer ainsi que deux tasses et allât rejoindre silencieusement le mage.
-Je me demandais si ta vie te convenait, elle doit être marquée par la solitude. Je ne pourrai pas m’' imaginer vivre sans ma compagne.
Le regard d’ Elrith se plongeait dans le vide quelques instants, lorsqu' ’il répondit Gaëldran devinât une profonde souffrance mais l'’ errant semblait la tenir comme éloignée.
- Pour tout te dire lorsque de mes dernières années de formation en tant que maître du lien, j' ’ai rencontré une fille. Une fois de plus son regard se détachât de la réalité pendant un bref instant, ses lèvres se sérrèrent puis sa voix, dont le timbre semblait plus joyeux au souvenir qu’' il venait d' ’évoquer se refit entendre. Elle était née à Phaëldroth et elle était destinée à devenir une guerrisseuse de renom. Je suis tombé amoureux d’' elle presque tout de suite, ses cheveux étaient blonds et fins, ses yeux noisettes. Je n' ’ai jamais osé lui avouer mes sentiments et je crois que je n’' aurai pas pu supporter que mon amour ne soit pas partagé. Plusieurs fois j' ’ai essayé de lui dire mais je n’' ai jamais trouvé le courage.… Sachant que je ne pourrais jamais l' ’oublier j' ’ai décidé de m’' engager en tant qu’' errant, ma vie de solitaire me permet de mieux accepter ce que je ressens pour elle.
Gaëldran mit un certain temps avant de répondre, la situation de son interlocuteur le touchait profondémment et il fit de son mieux pour alléger le coeœur de celui-ci:
-C’' est peut être mieux ainsi. Et comme on dit servir l'’empire est la meilleure chose que la vie puisse offrir.…
-Oui tu as raison ma vie d' ’errant me satisfait, et puis ma relation avec ma dragonne n’' est pas si désatrueuse.…
Les deux hommes éclatèrent d’' un rire sincère. Lorsqu’' ils eurent retrouvé leur serieux Elrith s'’ avouât fatigué et il allat se coucher après avoir échangé quelques dernières paroles amicales avec son hôte. Gaëldran se remit à veiller sur leur petit groupe dont seul le feu mourrant signalait leur présence dans les hautes herbes de la plaine illuminée par les étoiles. Le lendemain les premiers chants d' ’oiseaux se firent entendre et le mage commençat à s’' extirper de l’a méditation magique dans laquelle il s’' était plongé. Petit à petit l’’ aether de la nature environnante dont il avait gorgé son corps et son esprit le quittaient, laissant place à une légère fatigue. La vision étherée du monde que les mages ont de la vie lorsqu’' ils utilisent leur pouvoir laissait progressivement place à la récomfortante nature du monde normal. Lorsque la quantité de magie qui se trouvait en lui fut suffisamment faible, il put ouvrir ses yeux et il aperçut l' ’aube d’' une journée qui s' ’annoncait belle et agréable. Quelques instants plus tard Elrith se réveillat de lui-même, il vît le mage dans sa robe rouge et lui dit à voix basse qu’' il s’' occupait de réveiller les autres. Il remit du bois dans le feu mourrant, posât la theière sur des braises afin de préparer le saïti du matin et s' ’emparât de deux miches de pain afin de les faire dorer près du feu. Il concentrât son esprit afin de faire usage du lien pour réveiller Neïsha qui dormait avec sa fille blotie dans ses bras.Elle mit quelques instants à se réveiller totalement, puis elle s’' occupat de réveiller sa fille et les dragons. Ils déjeunèrent silencieusement sous le doux soleil du matin, puis l’ errant leur annoncat qu’' il était temps pour lui de partir car il avait des affaires urgentes à régler. Il remerciât Gaëldran et les siens, ceux-ci lui souhaitairent bon voyage et Isselyne lui tendit un paquet fait de tissu qui contenait de la viande séchée, du saiti et de l’' herbe à fumer. Il acceptât le cadeau puis prit congé de manière un peu maladroite. Une fois leurs affaires rangées ils s’' envolèrent pour Phaëldorth en suivant le fleuve pendant quelques jours. La vieille forêt de Faëlendir bordant ses rivages sur plusieurs milliers de lieues c 'était l’ un des meilleurs moyen de ne pas se perdre pour un voyageur.
Ils étaient perdus dans leurs pensées lorsque les immenses murailles noires et les des deux tours élancées de la porte sud se mirent à apparaitre au loin. Elles encadraient le fleuve Isëlwe qui se jetait dans le vide en une immense cascade, puis laissaient les hautes muraille reprendre leur route serpentante le long des montagnes. Le dragon de Gaëldran poussât un cri puissant, les arbres défilants loin en dessous de son long corps reptilien qui filait silencieusement dans les vents rafraîchissants de la fin de journée. Ils prirent de l'’ altitude et ce ne fût que lorsque le soleil commençcait de se coucher qu'’ ils dépassèrent les murailles, des lieues entières de toits s’’ étendaient à perte de vue loin en dessous d’’ eux, de fin filets de fumée s' ’échappant de leurs cheminées dans le ciel étoilé du plateau de Phen. Partout s’’ allumaient des torches et des lanternes, de douces lueurs vacillaient à travers les vitraux des habitations, laissant deviner l’ atmosphère douçatre des foyers. Les bâtiments de pierres sombres, parfois millénaires, étaient envahis par la mousse et l’' Erassyle, une sorte de lierre aux feuilles épaisses qui donnait des fleurs magnifiques à chaque cycle. La végétation était partout présente, jardins, vergers, massifs floraux, parcs et même des forêts immenses soigneusement entretenus qui donnait à la cité une impression de beauté harmonieuse et enchanterresse. C’' était la première fois qu'’ Isselyne pouvait admirer la cité dont sa mère lui avait tant parlé et elle fût impressionnée par le nombre des toits qui s’ étendaient devant elle et la hauteur des tours construites sur un pic rocheux qui tronait au centre de la cité. Elles avaient dévoilé leur immensité dans la nuit naissante, surpassant en hauteur les sommets enneigés des montagnes qui bordaient le plateau montagneux. D' énormes îlots rocheux flottaient au dessus de la cité, domaines des dragons, ils abritaient des cavernes immenses où ils dormaient et couvaient leur oeufs. Ils se posèrent sur la place de dalles grisâtres qui était au pied de l' unique batiment d’ un des ilôts et ils furent acceuillis par une dragonnière aux cheveux blonds et aux yeux bleus glaciaux. Elle paraissait trop jeunes pour la facilité avec laquelle elle s' était faite acceptée par les dragons qui ne s' étaient pas fait priés pour prendre leur envol dans le ciel où planaient des centaines de leurs semblables. Leurs cris puissants résonnant dans toute la plaine où dormaient déjà paisiblement les troupeaux d' aurochs, les proies favorites des dragons ainsi que l' une des viande les plus appréciées de la cité. Deria les guidât jusqu' au pied de l'’ unique tour de la forteresse dont les grandes portes abritées par un auvent, fait des mêmes tuiles rouges que les toits de la cité, donnaient sur un vaste hall. Deux escaliers partaient de chaque cotés le long des parois de la tour, l’’ un conduisant aux étages superieurs, l’’ autre menant aux cavernes de l’’ ilot rocheux. Un intendant, assis derrière son bureau de bois clair leur fit signe de s' ’approcher, ils signèrent un formulaire et la dragonnière les menât à l'’ escalier qui descendait tout en leur parlant des festivités de Swelhi la saison fraiche. Arrivés en bas, l' ’air était lourdement chargé de l’' odeur acres des dragons qui dormaient ou couvaient leurs oeufs. Deria les accompagnat jusqu’ à une des villas des cavernes qui était situé en haut d’’ un pic rocheux. Ils montèrent la centaine de marches taillées dans la pierre et la jeune femme blonde restât sur le seuil de la porte, elle prit congé d’eux avec légereté et politesse, son petit sourire juvénil sur les lèvres. Un feu brulait déjà dans l’ âtre de la cheminée de la pièce principale, ils déposèrent leurs quelques affaires dans les armoire faites d’’ un bois sombre et Neïsha décidat de commencer à préparer leur repas avec les différents aliments entreposés dans les pots et les grandes jarres en terre cuite du cellier situé à l’' étage du dessous de la villa. Leur fille prenait un bain à l' étage avec son dragonneau qui plongeait avec joie depuis le rebord dans l' eau chaude parfumée d' une huile de fleurs de jasmin. Ils prirent leur repas puis Isselyne allât se coucher, son père lui racontât un conte et elle s' endormit quelques instants plus tard en caressant la tête de son fidèle petit compagon, épuisée des mois qu’ avait duré leur voyage pour parvenir jusqu' à la cité éternelle. Gaëldran soufflât les grandes bougies d’’ un blanc ocre du chandelier dont le branches étaient forgées en forme de dragon. Il allât ensuite rejoindre sa femme qui l' attendait assise dans l' un des deux fauteuils qui faisaient face à la cheminée, une tasse de saïti fumante dans les mains, ses grands yeux noirs fixés sur les flammes dansantes de l’' imposante cheminée de pierres noires. De grandes tentures étaient disposés sur les murs, d' un tissu épais, les grandes poutres sombres étaient faites du même bois que la plupart des meubles que les mages avaient modelé avec leur seule volonté. Ils passèrent la soirée à bavarder devant le feu, tous deux nostalgiques des souvenirs que leur rappelait Phaëldroth. Ils s' y étaient rencontrés brièvement, secrètement amoureux, puis le destin les avaient faits se retrouver des cycles plus tard dans une campagne de conquête. Gaëldran était né fils d' un dragonnier des terres de l' ouest mais ses pouvoirs dans les arts de la magie, sa jeunesse faite de campagnes de conquête avait fait de lui un mage de guerre respecté. Il avait passé près de mille cycles à étudier de nombreux sorts, dévorant les grimoires des bibliothèques, et pratiquant sans cesse et si bien que ses connaissances et ses pouvoirs étaient vite devenus comparables à certains des mages les plus anciens, ces êtres d’’ une puissance terrifiante qui préféraient souvent s' isoler dans leurs tours. Elle, était la fille d' un puissant guerrier dragon, leur tempéramment était aussi dur que les pierres noires de leurs forterresses isolées et Gaëldran tout jeune mage qu' il était à l'’ époque avait été appelé à aider dans les campagnes d’’ alliance avec d' immenses clans de guerriers barbares qui se livraient des guerres sans merci dans leurs terres du sud.
Le lendemain ils se levèrent tot, déjeunèrent, prirent leur affaires et quittèrent la villa afin de rejoindre les nacelles qui pendaient le long des ilots rocheux. Ils avaient prévu de faire visiter la partie ouest de la cité à sa fille et comme s' était bientôt le jour de son quatrième cycle il avait proposé à Isselyne de pouvoir choisir ce qui lui plairait le plus. Les nacelles se mirent à desendre avec un groupe de guerriers dragons qui ne prononcèrent pas une parole dans tout le temps que durât la descente. Les toits se rapprochaient lentement en contrebas et Isselyne s' impatientait de pouvoir découvrir les merveilles innombrables de la cité de Phaëldroth. Mis à part un bref passage qu’ ils avaient fait à Velliena lors de leur voyage elle n’ avait jamais été dans une ville plus grande que Oëltonien où elle etait née. Une fois à terre ils s’’ enfoncèrent dans les dédales des ruelles de demeures élancées, leurs pierres noires ancestrales étaient envahies par la mousse. Ils arrivèrent dans une large rue marchande, les enseignes se succédaient les unes aux autres et Gaëldran les conduisit dans une échoppe. Une fois à l' intérieur ils découvrirent un véritable capharneüm, étroitement disposés les meubles voyaient s'entasser toutes sortes d' objets tels que des parchemins, des grimoires, des bagues, des broches, des gemmes mais aussi des armes diverses. Ils s' enfoncèrent dans le labyrinthes d' étagères et parvinrent finalement à un comptoir derrière lequel se trouvait un vieil homme plongé dans la lecture d'un grimoire vétuste et poussiéreux. Une immense claymore dont la garde classiquement forgée en forme d’’ ailes de dragon étaient sertie d’ une gemme d’ un vert sombre qui semblait contenir une puissante magie. Son long corps fin s’ enroulait le long du manche sa fine tête ornant son sommet en guise de pommeau. Le vieil homme relevât la tête à la vue du mage et un fin sourire se dessinait déjà sur ses lèvres. Il posât son grimoire et se levât pour serrer la main de celui qui avait été un temps son apprenti. Ils échangèrent les formules de politesse habituelles et le vieil homme se présentat à Neïsha et Isselyne qui regardait avec une curiosité toute interressée les étagées bondées. Le mage lui expliquât qu' ils étaient ici pour que sa fille commence son éducation afin de servir l’’ empire et que comme c' était bientôt son anniversaire ils cherchaient quelque chose qui lui ferait plaisir. Le vieil homme réflechît un instant puis marmonnât quelque chose derrière sa fine barbe blanche, fixant Isselyne d' un air distrait. Au bout de quelques instants il se levât et lui demandat de le suivre. Ils se dirigèrent dans l' une des allées et il ouvrît une boite dont le couvercle était en verre et dans laquelle se trouvaient des gemmes de tailles et de couleurs differentes. Il sortit un trousseau d' une des poches de sa robe grise, ouvrît le couvercle avec une petite clée d'argent et donnât à Isselyne une gemme noire qui était aussi grosse que son poing. L' enchanteur lui expliquât qu' elle permettait de communiquer facilement par la pensée avec la personne de son choix malgré la distance du moment que l' on connaissait son visage. A ces mots, Isselyne, qui redoutait un peu d' être séparée de ses parents pendant de longs mois pour étudier parut rassurée à l’’ idée de posséder un tel objet. Isselyne l' écoutait avec attention buvant ses paroles, comprenant grâce à ses dires quels savoirs immenses pouvaient receler certains esprits.
-C'est ce cadeau qui me ferait plaisir, dit Isselyne en regardant son père d' une façon qui ne lui laissait guère le choix.
-Tu en es vraiment sûre? lui rétorquat-il avec amusement.
Elle hochât de la tête avec vigueur.
Lëborth se dirigea vers une grande armoire, ouvrit un de ses petits tiroirs de métal et ramenat un pendentif sculpté en forme de dragon dans un métal noir. Tout en passant la chaînette d'argent autour du cou de la fillette, il lui expliquât que c'était en fait un sifflet à dragon et qu' il lui servirait à rappeler le sien lorsqu' il serait en âge de voler. Isselyne le remerciat en le serrant affectueusement dans ses bras, il lui ébourriffat les cheveux de sa main ridée et noueuse en riant. Ils se dirent au revoir et Gaëldran jeta un sort qu'il avait préparé sans que personne ne s' en aperçoive et qui eût pour effet de soulager son ami de ses douleurs de vieillard en échange de la gemme et du sifflet. Tout se donnait dans l’ empire dragon, la magie ayant souvent remplacé la main de l'’ homme, les gens se servaient dans les immenses entrepôts et les nombreuses échoppes de la cité, l’ empire assurant l’ organisation des différents travaux nécessaires. Ils remontèrent la large rue pavée bordée de fleurs puis parvinrent à une place où deux tavernes se faisaient quasimment face. Ne sachant pour laquelle se décider le choix revint à Isselyne qui penchât pour la taverne du dragon repus. Alors qu' ils allaient pénétrer à l'intérieur une voix grave se fit entendre dans leur dos:
. Ils passèrent le reste de l'’ après midi à se promener dans les rues, faisant ainsi découvrir les charmes de la cité à Isselyne. Tout semblait avoir été fait pour gâter les sens, fontaines magni fiquement ouvragées, dragons sculptés dans le bois des charpentes, lanternes, rambardes d'escalier, fenêtres en fer forgé, massifs de fleurs dont émanait des parfums aux senteurs enivrantes. Les demeures harmonieusement disposées formaient des rues parfois bordées d' arbres qui donnaient souvent sur des places et des jardins où les habitants se retrouvaient pour discuter ou tout simplement profiter des magnifisciences de Phaëldroth.
Tout était beauté, grandeur, raffinement et finesse, reflet de la nature du peuple dragon comme il se nommait parfois lui même. A la mi-journée ils louèrent les services d'un dragonnier, demandant à être conduit près du coeur de la cité. Leur voyage leur parut beaucoup plus long qu' ils ne s' y attendait, les tours ne cessant de grandir, élancées, parraissant soeurs l'’ une de l'’ autre dans leur complicité à séduire ceux qui avaient eu la chance de les contempler, marquant les coeur par leur immensité. Les bannières flottaient dans le vent et les dragons planaient partout au dessus de la cité, profitant des derniers rayons de soleil. Tandis que la nuit enveloppait la cité de son manteau étoilé le dragonnier leur indiquât qu' il arrivait à destination le dragon qu'ils montaient plongeat silencieusement dans les vents encore chauds de la dernière journée de la saison Gaïaeli. Les demeures s’ étaient faites plus richement fleuries et plus imposantes au fur et à mesure de leur progression et une fois déposés à terre sur une place faites de dalles blanches, les sculptures etaient plus raffinées et alliaient leur beauté à la végétation somptueusement entretenues. Ils s’ arretèrent devant une demeure de taille impressionnante et frappèrent à la large poignée battante en forme de dragon. Quelques instants plus tard un être de petite stature et aux visage rieur encadrés de deux oreilles pointues les acceuillit selon les politesses coutumières et il chargât un serviteur de les débarrasser de leurs affaires. Il les conduisit directement dans la cour intèrieur principale à laquelle menait directement le long couloir dans lequel ils avait pénétré. Un groupe de gens discutaient à la lueure d'une lanterne, ils étaient allongés ou assis à même l' herbe et on pouvait entendre plus loin dans les bois du jardin le son d’ une petite cacade qui se mélait à celui de nombreux oiseaux aux chants idylliques. Ils foulèrent l’' herbe sur la dizaine de pas qui les séparait du groupe et les conversations se turent. Tous se levèrent et un etre de petite stature s avancat :
-Soyez les bienvenus dans ma maison toi et les tiens Gaëldran
Il fixat ses yeux rieurs sur Isselyne.
-Je m’ appel Lenwë, je suis un vieil ami de ton père, un fin sourire se dessinat sur les lèvres Je suis plus que content de faire ta connaissance jeune fille tu me vois ravi de trouver quelqu’ un pour aller faire des farces. Sur ce il l’ embrassat sept fois sur les joues selon une ancienne coutume de son peuple.
Isselyne parut plus que séduite, sa mère lui avit maintes fois parlé des nombreuses races d’ elfes qui habitaient leurs terres mais elle ne s’ attendait pas a ce que celui qu’ elle venait de rencontrer lui fasse preuve de temps de familiarité.
-Quel âge avez -vous?
Quelques rires fusèrent de la part du petit groupe.
- Il est plus vieux qu’ un dragon blaguat celle qui semblait etre sa compagne.
- Bientot mille cycles et le temps de ma mort approche a grand pas ma petite. Celà ne semblait pas l’ affecter le moins du monde et il poursuivit en prenant Isselyne par la main afin de la conduire en direction de leur demeure.
-J’ai une collection de...et les rires d’ Isselyne furent la dernière chose qu’ ils entendirent.
Gaëldran qui lui avait maintes fois rendu services le considérait comme un fidèle ami,celëdra sa compagne ainsi que la dizaine de leurs amis se rassirent à même l’ herbe et poursuivirent leurs conversations. Des arbustes bordaient un petit sentier de pierre qui s' enfonçait jusqu' à l' étang alimenté par la cascade naturelle au sommet de laquelle se trouvait une terrasse aux barrières de bois sculptées ainsi que les chambres à coucher. avait toute l'attention d’’ Isselyne qui se trouvait parfaitement. Ils prirent polimment congé de leurs hôtes pour rejoindre les chambres qui leur avaient été préparées. Le lendemain allait être un grand jour pour Isselyne qui allait rentrer à l’ académie pour commencer un apprentissage plus ou moins long en fonction des talents dont elle allait faire preuve lors des premiers cycles. Et c'est l'esprit plein des apréhensions naturelles qu' un père éprouve pour sa fille que Gaëldran s' endormit, le son berçant de la cascade le plongeant dans des rêves agréables.
Il régnait une grande agitation dans l'immense hall d' entrée de l’ académie, les derniers parents accompagnés de leur enfants venaient à peine d' arriver que le sage qui la dirigeait commencât à prononcer son discours destinés à accueillir les nouveaux élèves et leur expliquer comment allait se passer les mois à venir. Il détaillat brièvement le déroulement des épreuves destinées à décider quels seraient les domaines dans lequel seraient instruits et entrainés les élèves son discours durat encore un temps puis il invitat les gens présent à partager un buffet des plus copieux. De nombreux maitres étaient présent et Gaëldran fût agréablement surpris de voir celui qui l’’ avait initié à la magie durant son enfance se diriger vers eux. Il se présentât poliment Isselyne puis demandât au mage de le suivre afin de pouvoir discuter en privé.
-Je ne m’’ attendais pas à te voir mais c'’ est tant mieux, il y a de celà trois lunes un village de cinq cent habitants environ a été entièrement ravagé par des uthopals , ces créatures qui ne sortent que trops souvent des terres mortes. Selon le rapport qui a été fait la situation a été résolu, un puissant sorcier a réussit à le renvoyer dans les mondes auquel il appartient. Il semblerait que les uthopals soient de plus en plus puissants,et il ne s aventurent pas si profondemment dans les terres
- Qu' a dit l'’ errant? demandat Gaëldran d'un ton bas.
-Selon ses dires il n’ en avait jamais rencontré comme celui ci, et il parraissait animé par un puissant désir de tuer.
-Et en quoi cette affaire me concerne t' elle?
-Un enfant a été retrouvé à moitié mort dans les cendres du village, c' est l'unique survivant. Agé de cinq cycles j’’ ai pensé que tu pourrais t'’ en occuper quelques temps avec ta femme, il a à peu près le même âge qu’e ta fille et il a grand besoin de retourner à une vie plus normale.
-Pour ma part je ne suis pas contre, je vais tout de même verifier qu’e Neisha n’ y voit pas d' objection.
Il revint un sourire de victoire sur les lèvres. Deux jours plus tard Isselyne faisait ses adieux a ses parents, la gorge serrée, elle les embrassât et les serrât dans ses bras. Neisha embrassât aussi Jeïldrys. Alors qu'il allait disparaitre au bout du couloirs des chambrées il se retournèrent pour les saluer une dernière fois. Isselyne, tout en agitant son bras dans un dernier au revoir, prit sans même s' en rendre compte la main de celui qu' elle considérait déjà comme son grand frère afin de ne pas fondre en larme. A peine quelques plus tard le souvenir de sa premiere séparation avec ses parents se faisait déjà moins douloureux et elle proposât une partie de jeux de pions à Jeyldrïs. Ils jouèrent avec l’ insousciance bienheureuse qui était la leur et rejoignirent leurs lit à regret lorsque Gilienia, qui était leur nourrice leur demandât gentillement d’ aller se coucher. Elle leur souhaitat bonne nuit et apaisât leur craintes vis a vis des épreuves qui les attendaient le lendemain grâce à quelques paroles récomfortantes habituée qu’’ elle était à ce genre de scènes. A peine les chandelles étaient éteintes qu’’ Isselyne laissait déjà entendre un petit ronflement, sa dragonne dans ses bras, tandis que Jeyldris fixait le plafond de ses yeux noirs, de minces filets de larmes coulants silencieusement sur son visage.
Dès le lendemain les enfants passèrent une lune à tester leurs aptitudes, certains doués dans tous les domaines, surprenant les autres en réussissant parfois des leur première tentative, différents exploits, battant à l'épée ceux qui s’ entrainaient déjà depuis plusieurs cycles, d’ autres transformant de simples cailloux en dague dès leur première tentative. Les maîtres étaient toujours surpris de la facilité qu' avaient les enfants pour faire usage de leurs dons naturels, et ils devinaient pour certains de grandes destinées. Isselyne révélat de grandes prédisposition dans la pratique de la magie de plus son talent naturel à s' entendre avec son dragonneau lui avait ouvert la voie dure et longue qui devait faire d’ elle une mage accomplie. Jeyldris quant à lui ne révélat de dons que dans les arts de la sorcellerie et de la magie de destruction avec cependant une facilité à la pratique de l’ épée. En raison de ce qui s'était passé lors de l' attaque de son village natal par l'ashagoth les maîtres et les sages décidèrent de ne pas le former dans le domaine de la sorcellerie car l'incident qui était plus qu' inhabituel avait déjà fait le tour des oreilles de quasimment tout l'’ empire.